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  1.                 From fr.wikipedia.org:
                    

    [Titre en italique] [40.782069] [Trulli (homonymie)]

    Le _TRULLO_ (au pluriel _TRULLI_) représente une forme ancienne de construction rurale et urbaine, en maçonnerie à pierres sèches, de la _Murgia dei Trulli_ (Murgie des trulli), plateau situé entre les villes de Bari, Brindisi et Tarente dans la région des Pouilles en Italie du Sud.

    Il s'agit, selon le cas, d'un habitat temporaire ou saisonnier dans les champs ou d'un habitat permanent de petits paysans et d'ouvriers agricoles. On en rencontre des témoins isolés dans la campagne mais aussi de véritables agglomérations comme à Alberobello dans la province de Bari. La zone la plus riche en _trulli_ est la _valle d'Itria_, entre Alberobello, Locorotondo, Cisternino et Martina Franca.

    Leur âge d'or a été le [XIX], qui vit le morcellement des grandes propriétés en petites parcelles louées par bail emphytéotique et, dans ses dernières décennies, l'extension de la viticulture.

    ** De la _casedda_ au _trullo_

    Le terme italien _il trullo_ (du grec _τρούλος_ : coupole) désigne le bâtiment où un voûtement en pierre (voûte encorbellée ou voûte clavée) est employé pour couvrir l'espace intérieur. _Trullo_ est la forme italianisée du terme dialectal _truddu_ employé dans une zone bien définie de la péninsule salentine (Lizzano, Maruggio, Avetrana) (et donc en dehors de la _Murgia dei trulli_), où il désigne spécifiquement la cabane à voûte de pierres sèches. _Trullo_ (pl. _trulli_) a supplanté le terme dialectal _casedda_ (pl _casedde_) (en italien _casella_, pl. _caselle_) par lequel les autochtones de la _Murgia_ désignaient une habitation faite de plusieurs cabanes à voûte de pierres sèches[1].

    Le maçon-tailleur de pierre spécialisé dans la construction de _trulli_ est dit _trullisto_ ou encore _trullaro_ en italien. Le terme dialectal est _caseddaro_ (pl. _caseddari_), maçon constructeur de _casedde_[2].

    ** Extension géographique

    La plupart des _trulli_ se trouvent dans la _valle d'Itria_, sur un territoire d'environ [1000] qui coïncide avec la partie méridionale du haut plateau de Murgie et qui comprend les communes d'Alberobello, Cisternino, Locorotondo et Martina Franca. Dans cette plaine maillée par un réseau de murs en pierre sèche (_parietoni_) délimitant des vignes et des oliveraies ou bordant des chemins vicinaux, les _trulli_ sont omniprésents dans l'habitat dispersé mais se rencontrent aussi dans les agglomérations (de là vient l'appellation de _Murgia dei trulli_)[3].

    En dehors de la Murgie des trulli, les constructions à _trullo_ se rencontrent dans la péninsule salentine, la plaine côtière autour et au nord de Bari et près de Monte Sant'Angelo dans les monts de Gargano. L'absence de _trulli_ entre ces quatre zones tient à la discontinuité dans la présence de pierres appropriées[4].

    Seuls les _trulli_ de la Murgie des trulli faisaient l'objet d'une occupation permanente. Dans les trois autres zones, leur occupation était temporaire et saisonnière : abris durant la journée aux champs, cabanes occupées à l'époque de la moisson ou de la vendange, remises à outils<ref name="AllenP29"/>.

    ** Contexte géologique

    La Murgie est une région karstique, où les eaux pluviales ne restent pas en surface mais s'enfoncent à travers les fissures du substrat calcaire pour suivre un cours souterrain jusqu'à la mer Adriatique. L'eau nécessaire à la vie quotidienne doit être recueillie dans des citernes[5]. Le paysage est vallonné, alternant collines et dolines karstiques à une altitude d'environ [420]<ref name="GaltP19"/>.

    ** Évolution historique

    *** L'habitat dispersé

    **** Le _trullo_ , un bâtiment rural par définition

    Le _trullo_ se trouve principalement en zone rurale. Sa conception en murs épais et, du fait de sa structure, l'impossibilité de construction en étages aboutit à une grande utilisation de surface au sol ce qui est incompatible avec les zones urbaines à forte densité[6]. Dans la campagne, les _trulli_ étaient construits individuellement ou jusqu'à des groupes de cinq voire jusqu'à une douzaine de dômes dans les cas les plus développés sans cependant héberger plus d'une famille<ref name="AllenP84"/>.

    Les pièces sous _trullo_ sont généralement de taille variable, avec différentes niches et alcôves. Elles peuvent être également jointes les unes aux autres de manière modulable en fonction des besoins. L'avantage principal de ce type de construction est son coût limité par l'usage des matériaux locaux avec toutefois l'inconvénient majeur du fait de sa structure et de ses contraintes de requérir des tonnes de matériau et une importante main-d'œuvre pour leur construction qui, de plus, était particulièrement longue[7]. Les _trulli_ ruraux, sur les terres bon marché, virent une période de déclin lors de l'augmentation du coût prohibitif de la main-d'œuvre au [XX]<ref name="AllenP84"/>.

    **** Locorotondo : les _trulli_ viticoles

    Autour de Locorotondo, dans la province de Bari, l’habitat dispersé à _trulli_, déjà présent à la fin du siècle précédent, s’est développé dans le courant du [XIX] par un mouvement de population de la ville vers la campagne. Au milieu du [XIX], les deux tiers de la population de la commune habitent en milieu rural[8]. Afin de valoriser les terrains non exploités de leurs domaines, les grands propriétaires fonciers, décident de morceler leurs terres en parcelles louées sous le régime des baux emphytéotiques, à charge pour les preneurs de créer des vignes<ref name="GaltP140"/>.

    Dans le premier quart du [XIX], des villageois partent donc s’installer dans la campagne environnante où ils se construisent des huttes (_abituri_). Des hameaux (_jazzelere_), constitués principalement d’habitations à _trulli_, se forment autour d’une aire commune (_jazzile_), devenant vers le milieu du siècle de petits villages[9]. Pendant la deuxième moitié du [XIX], cette mutations des terres cultivées en vignobles connaît un développement considérable qui en 1871 comptent pour le quart de la surface communale[10].

    À partir des années 1880, ce phénomène va s'amplifier sous le double effet de la crise européenne du phylloxéra entrainant une augmentation de la demande en vin et de la chutes des cours des céréales. Ainsi dans de nombreuses communes de Murgie va se développer la conversion des terres en vignobles et en conséquence la construction de nouveaux _trulli_ pour héberger la population viticole[11]. Ainsi déjà en 1905 à Locorotondo, la vigne couvre 46,67 % des terres cultivées du futur cadastre de 1929, puis un peu plus de 50 % des terres communales en 1929<ref name="GaltP152"/>.

    *** L'habitat groupé

    **** Alberobello : du défens à l'agglomération

    Tous les documents consultés, du milieu du [XIV] à la fin du [XVI], mentionnent le site d'Alberobello principalement comme _selva_ (litt. « forêt ») et dans certains cas comme défens, c'est-à-dire zone où il est défendu de faire paître le bétail. Aucun indice n'existe quant à la présence d'habitations avant le [XVII][Ambrosi]. Émile Bertaux, qui se rendit dans les Pouilles à la fin du [XIX], écrit, en 1899, que « les villes de _trulli_ sont de formation récente ». Il signale qu'Alberobello « était encore il y a trois siècles une vaste _selva_, moitié maquis, moitié forêt d'yeuses et de chênes ». À l'endroit où s'élève aujourd'hui la ville, il n'y avait au commencement du [XVII] qu'une chapelle dans les bois[Bertaux]. Le « plan du territoire de Mottola » établi en 1704 par Donato Gallerano, montre clairement différents modes d'occupation humaine sur ce territoire : d'une part des villes comme Putignano ou Noci, situées au sommet des petites collines qui caractérisent le paysage de la Murgie du Sud-est, d'autre part un ensemble de _trulli_ à l'abri d'un grand bois et qui constituent le petit habitat d{"content": "'''", "type": "DELIM", "wikinode": "WikiDelimNode"}Arbore bello_[Ambrosi] . Dans la carte géographique dessinée par Giovanni Antonio Rizzi Zannoni en 1808, apparaît la _Selva'' d'Alberobello et, clairement situé dans une clairière, un habitat de maisons éparses qui présente de nombreuses ressemblances avec l'actuel centre habité[Ambrosi].

    Dans une photographie du quartier (_rione_) « Monti » de 1897, les constructions à _trulli_, loin d'avoir la densité actuelle, sont encore entourées d'enclos cultivés en jardins et on aperçoit encore le cours sinueux de quelques anciennes sentes. Sont également visibles quelques maisons classiques à toiture à deux pans (couvertes en lauzes toutefois)[12] dont la construction récente était ressentie comme une dénaturation par un érudit local de la fin du [XIX][13].

    Les maisons à _trulli_ encore visibles aujourd'hui datent des [XVIII], [XIX]. Après avoir connu une densification importante dans les premières décennies du [XX]<ref group=alpha>Des photos du début et du milieu du [XX] montrant des ruelles d'Alberobello, sont visibles dans l'article en ligne Les _trulli_ ou _casedde_ d'Alberobello (province de Bari, Italie) à travers les cartes postales et photos anciennes, Photos de la première moitié du [XX] (see http://www.pierreseche.com/alberobello_photos.htm) , sur le site _pierreseche.com_, en date du 5 janvier 2011., cet habitat a été victime d'un mouvement d'abandon dans la deuxième moitié du [XX].

    **** Interprétations d'érudits locaux

    Selon certains érudits de la première moitié du [XX], c'est le comte de Conversano, Giangirolamo II Acquaviva d'Aragon, qui fit bâtir en 1635, à côté de cette chapelle, la villa seigneuriale autour de laquelle vinrent peu à peu s'agglutiner des maisons à _trulli_. Voulant créer un fief indépendant de la Cour de Naples sans l'autorisation au Roi, il concéda à un groupe de colons le droit de cultiver la terre (en zone franche) et de se construire des habitations, à condition que celles-ci soient réalisées sans l’emploi de mortier de chaux pour être démolies facilement puis remontées. Les _trulli_ n’étaient pas recensés comme habitations _légales_ et les paysans qui les habitaient émargeaient comme habitants du village de Noci voisin, garantissant aux feudataires des avantages tributaires et une occupation plus vaste du territoire[14].

    Toujours selon ces érudits, la _Selva_ (en français « selve » ou « sylve ») se libéra en 1779 de la vassalité et se défit de l'obligation de construire uniquement des maisons en forme de _trulli_. En dehors de la villa seigneuriale, la première maison urbaine à rompre avec la technique de construction à _trulli_, aurait été la _Casa d'Amore_, sur la place du Plébiscite, ainsi nommée d'après le nom de son commanditaire, le maire Francesco d'Amore. Il s'agit d'une maison à un étage, à façade en pignon, couverte toutefois d'une bâtière de lauzes sur voûte en berceau. Une inscription donne comme date d'édification 1797[Ambrosi].

    Ces explications se heurtent toutefois à un constat. Luigi Mongiello, professeur d'architecture à la Faculté d'ingénierie de Bari, fait remarquer que les _trulli_ édifiés au début du [XX], donc bien longtemps après l'édit de Gian Girolamo II Acquaviva et le décret de Ferdinand IV de Bourbon, sont construits par superposition d'assises de pierres et de lauzes sans aucune trace de mortier (alors que les parements internes sont parfairement enduits). Cela implique que l'absence de mortier dans les structures à _trulli_ est un dogme inhérent à la tradition séculaire des artisans bâtisseurs locaux et, partant, que l'explication de « la démolition instantanée en cas d'inspection » ne tient pas[Mongiello].

    ** Description

    *** Matériaux et mode d'emploi

    Selon les zones, le matériau de construction employé pouvait être du calcaire compact ou du tuf blanc. Dans les zones de calcaire compact, les constructeurs trouvaient à fleur de sol soit des lits épais donnant des pierres d'appareil, soit des lits minces donnant des lauzes de couverture (les _chiancharelle_, ou _chiancaredde_ en dialecte local) comme à Alberobello[Bertaux]. Cette stratification des calcaires durs avait l'avantage de rendre superflue la taille des faces de lit. Le creusement préalable d'une citerne (_cisterna_), indispensable dans cette région sans eau, livrait une première quantité de pierres. Ces matériaux sont employés généralement à sec (sans mortier), sauf pour les claveaux, liés au mortier de chaux, de la voûte en berceau brisé ou en dôme bâtie au-dessus de la citerne (sur laquelle repose dans bien des cas le sol de la maison)[15].

    *** Murs

    Les murs sont montés directement sur la couche rocheuse apparente, après dégagement éventuel de l'humus. L'épaisseur des murs porteurs va de [0.80] pour les moins épais à [2.70] pour ceux du _Trullo Sovrano_[16]. Leur hauteur (jusqu'au départ du voûtement) va de [1.60] à [2]. Leur parement extérieur présente un fruit de 3 à 5 %.

    *** Plans

    Il y a le _trullo_ élémentaire, construction de plan circulaire qui servait le plus souvent d'abri temporaire pour le bétail, les fourrages ou le paysan lui-même.

    Il y a le _trullo_ de plan carré, soit isolé soit faisant partie d'un groupe de trois, quatre ou cinq _trulli_, disposés en file ou en tas et formant un ensemble où chaque _trullo_ correspondait à une pièce différente : cuisine, chambre, étable, local pour les denrées ou les outils, four, citerne[Desplanques]. Dans ce dernier cas, à une seule pièce à coupole sont venues s'agglutiner, au fil du temps, d'autres pièces à coupole pour former une habitation complexe.

    À Alberobello, la norme semble avoir été une ou au maximum deux _trulli_ car dans les documents notariés du [XIX] on ne trouve pas de référence à des _caselle_ de plus de deux coupoles[Ambrosi].

    *** Couvrements

    La particularité des _trulli_ réside dans la forme conique des couvrements (toits). Extérieurement, ces cônes sont constitués d'une couverture de lauzes, les _chiancarelle_, disposées en assises concentriques et légèrement inclinées vers l'extérieur pour empêcher les infiltrations d'eau de pluie. Elles sont posées sur l'extrados d'une voûte en pierres taillées, dites _chiance_, voûte qui est soit clavée et bloquée au sommet par une pierre, la _serraglia_ (clef de voûte), soit encorbellée et simplement couverte d'une dalle (sans effet de clavage).

    Au niveau de la naissance de la voûte se trouvent des poutres en bois ayant servi à porter un échafaudage intérieur au moment de la construction. Ces poutres sont utilisées pour suspendre des outils, de la vaisselle, mais constituent également la base d'un plancher (ou _tavolato_) servant de grenier (_solaio_) pour stocker des denrées ou créer un espace habitable interne supplémentaire accessible par une échelle[17].

    *** Pinacles

    Un pinacle de pierre calcaire ou gréseuse ( _pinnacolo_) coiffe le cône. Ces pinacles sculptés, qui présentent des formes variées (disque, boule, cône, vasque, polyèdre ou leur combinaison), seraient, selon certaines sources, non pas des symboles héraldiques mais la signature des maçons-tailleurs de pierre qui ont édifié ces bâtiments<ref name="trullinet pinnacoli" />. Comme fréquemment, ce type d'ornement est également en fonction de son caractère ouvragé ou non un élément indicateur du statut social et de la richesse du propriétaire du lieu. En dehors de ce rôle de marqueur social, le pinacle pèse sur le cône et ce faisant renforce la stabilité des dernières assises.

    Certains cônes sont tronqués et terminés par une grande dalle circulaire posée sur un opercule. Un escalier extérieur, ménagé dans les _chiancarelle_, permet d'y accéder : il s'agit de _trulli_ destinés à conserver le fourrage[18].

    *** Baies

    Les baies sont rares en dehors de la porte d'entrée et d'un fenestron réservé dans le cône pour permettre le renouvellement de l'air. De ce fait, l'intérieur des _trulli_ est souvent peu lumineux[19].

    L'embrasure de l'entrée peut receler deux coussièges en pierre.

    *** Aménagement intérieur

    L'eau de pluie était recueillie soigneusement du toit conique de chaque _trullo_ et canalisée vers une citerne creusée sous la maison[Desplanques] ou sous la cour attenante.

    Les _caselle_ ou _trulli_ d'habitation possèdent une cheminée sous forme de foyer ouvert dont le conduit traverse la coupole[Bertaux] et se prolonge par une souche maçonnée coiffée par deux tuiles mécaniques disposées en bâtière ou par une dalle carrée posée sur des billettes. De par sa conception, le _trullo_ est difficile à chauffer : les murs sont trop épais et l'air chaud monte dans les cônes.

    Autre solution pour le chauffage : une chaufferette centrale dont les braises réchauffaient la pièce et sur laquelle un cadre en bois permettait de faire sécher quelques vêtements (un spécimen en est conservé au musée du territoire – _museol del territorio_ – à Alberobello).

    Durant la période hivernale ces habitations présentent l'inconvénient d'accumuler l'humidité produite par les habitants en raison des faibles ouvertures, obligeant souvent la nécessaire ouverture des portes durant la journée[20]. En conséquence, certaines tâches ménagères se faisaient à l'extérieur, à même la ruelle, ainsi que l'attestent des cartes postales et des photos des années 1950 et 1960 à Alberobello : lessive, étendage du linge, couture, tricotage, écossage des petits pois, etc.

    En été, l'épaisseur des murs et la hauteur des voûtes font que l'intérieur reste frais dans la journée, même en période de canicule. Toutefois, le soir, du fait de l'abaissement de la température extérieure, la pierre chauffée toute la journée se met à restituer la chaleur accumulée, si bien qu'on étouffe à l'intérieur du fait du manque de ventilation[21]

    Au nombre des aménagements intérieurs, on trouve, outre la cheminée, des niches et des étagères de pierre où mettre des objets domestiques, religieux ou décoratifs. Des alcôves, réservées dans l'épaisseur des murs et protégées par un rideau, servaient de lit aux enfants.

    La pièce et la calotte intérieure ainsi que souvent les murs extérieurs sont enduits d'un mortier et blanchis à la chaux[Bertaux] d'une part pour empêcher l'air de passer dans la maçonnerie sèche, d'autre part pour favoriser la luminosité de ces habitations sombres[22].

    Les sols sont en dalles calcaires.

    Certains _trulli_ possédaient un escalier extérieur permettant d'accéder à la base des toitures (à défaut on se servait d'une échelle en bois) où l'on mettait à sécher des figues, des tomates, des haricots.

    Dans les _trulli_ anciennement à usage d'écurie ou d'étable, on peut encore voir les mangeoires réservées aux animaux[23].

    *** Façades

    Dans certains _trulli_, le mur de façade a été rehaussé de façon à dissimuler la base des cônes de toiture et donner l'illusion d'une maison classique. Ces façades rectangulaires en trompe-l'œil se rencontrent en particulier dans la zone de Martina Franca, où elles peuvent être associées à des panneaux peints polychromes[24]. Les pignons peuvent faire l'objet du même traitement.

    *** Symboles peints

    Des symboles chrétiens sont parfois peints au lait de chaux sur certaines coupoles d'habitations (les _trulli_ à usage d'écurie ou de pailler en sont exempts). Le cône central du _Trullo Sovrano_ à Alberobello se vit ainsi gratifié d'un symbole religieux dans le premier tiers du [XX][25]. L'alignement de _trulli_ de la rue Monte Pertica a acquis ses symboles lors de la réfection des toitures à la fin du [XX] et au début du [XXI] : croix, cœur transpercé, hostie rayonnante, croix à l'arbre, colombe rayonnante symbolisant le Saint-Esprit, croissant de lune avec croix<ref group=alpha>Cf. Les _trulli_ ou _casedde_ d'Alberobello (province de Bari, Italie) à travers les cartes postales et photos anciennes : les avatars de la rue Monte Pertica au quartier Monti (1950-2010) (see http://www.pierreseche.com/alberobello_monte_pertica.htm) , sur le site _pierreseche.com_, 20 janvier 2011.. Fruits de l'invention et non de la tradition, les symboles profanes visibles sur les cônes à la _trullo{"content": "''", "type": "DELIM", "wikinode": "WikiDelimNode"} des bungalows de l{"content": "'''", "type": "DELIM", "wikinode": "WikiDelimNode"}Hotel dei trulli_ en haut du _Rione Monti_, sont de la fin des années 1950, date à laquelle cet hôtel fut construit : candélabre à sept branches, prière montant vers Dieu, trident, cartouche surmonté d'une croix et divisé en quatre quartiers abritant les initiales de Santo Cosma et Santo Damiano, les deux saints auxquels est consacrée la basilique locale, cœur coiffé d'une croix et transpercé par une flèche, la pointe vers le bas (censé symboliser Notre Dame des Sept Douleurs, _Santa Maria Addolorata_ en italien).

    ** Communes à _trulli_ ou _casedde_ de la Valle d'Itria

    Dans la _Valle d'Itria_, on trouve des _trulli_ ou _casedde_ dans les communes de Putignano, Alberobello, Castellana Grotte, Monopoli, Polignano a Mare, Locorotondo, Martina Franca, Ostuni, Fasano, Cisternino et Ceglie Messapica.

    *** Alberobello

    En raison de sa concentration de _trulli_, la plus forte de toutes les Pouilles, Alberobello est qualifiée par le tourisme de « capitale » de ce type d'habitation (_Capitale dei Trulli_). Deux de ses quartiers, le _Rione Monti_[26], qui compte [formatnum:1030] _trulli_ sur 6 hectares, et le _Rione Aia Piccola_ <ref group=alpha>Litt., « quartier de la petite aire (à battre) »., qui comporte 590 _trulli_, ont été déclarés « Monument national » en 1930. La ville a été inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO en 1996. Le _Rione Monti_ est le plus ancien des deux quartiers à _trulli_[27].

    Le plus grand complexe y est le _Trullo Sovrano_ (« _trullo_ suprême »), également dit _Trullo Regio_ (« _trullo_ royal »), appellations imputables à un érudit local, Giuseppe Notarnicola[28], et ayant supplanté le toponyme authentique de _Corte Papa Cataldo_[Ambrosi]. Le complexe ne comporte pas moins de douze cônes et possède deux niveaux reliés par un escalier (maçonné) encastré dans la muraille. Situé à l'arrière de l'église des saints médecins Côme et Damien, dans une zone de ruelles à _trulli_, il aurait été construit, selon Notarnicola, pour loger le prêtre Cataldo Perta (dont le nom apparaît dans un document notarié du [15 avril 1797]) et accueillir, au début des années 1800, des reliques des deux saints. Le _Trullo Sovrano_ est monument national depuis le [9 septembre 1923].

    Les _trulli siamese_ (les « _trulli_ siamois »), ainsi nommés par le tourisme, se trouvent dans le _Rione Monti_. Il s'agit d'un bâtiment double dont les deux cônes sont reliés par un pont de lauzes et dont les pièces communiquent grâce à un arc de raccordement. Il possède deux entrées, l'une donnant sur la ruelle Monte Nero, l'autre sur la ruelle Monte Pasubio. Il a une cheminée mais n'a pas de fenêtre.

    L'église saint-Antoine (_chiesa di Sant'Antonio_), aux toits construits en style _trullo_ par un des derniers maîtres trullistes, date de 1926. Elle domine, au sud, la colline occupée par le _Rione Monti_.

    *** Locorotondo

    Sur la pente du mamelon où s'élève Locorotondo, les _trulli_ sont groupés en grand nombre et forment tout un faubourg[Bertaux].

    C'est dans la région de Locorotondo que l'on trouve le plus grand nombre de _trulli_, éparpillés dans les _contrade_ (agglomérations rurales à la périphérie des villes)[29].

    ** Régions au sud des Pouilles

    Des variantes des _trulli_ existent au sud des Pouilles, dans la région de Salento, dans la province de Lecce : ils ont pour nom _chipure_ (pluriel _chipuri_), terme dérivé d'un mot grec signifiant « gardien du champ »<ref name="AllenP29"/>.

    ** Évolution récente

    Ces dix dernières années ont vu de nombreuses fermes ou habitations à _trulli_ des Pouilles être restaurées et converties en résidences secondaires ou en gîtes locatifs. Il y a dix ans, refaire le toit d'un _trullo_ coûtait 3 millions de lires (environ [1500]), en 2009 il en coûtait [formatnum:15000] euros[30].

    À Alberobello, les autochtones qui habitent encore dans des _trulli_ le font soit parce qu'ils sont trop pauvres pour envisager de déménager, soit parce qu'ils tiennent une tâble d'hôte et accueillent des touristes<ref name="MT"/>.

    Le quartier des Monts était à l'abandon il y a une décennie quand un entrepreneur local, Guido Antionietta, eut l'idée d'acheter quelques douzaines de _trulli_, d'y installer le confort moderne et de louer le tout à un prix inférieur à celui d'une chambre d'hôtel en ville. Il en profita pour peindre des symboles portant bonheur sur les cônes[31].

    Le site est désormais voué au Tourisme : nombre de _trulli_ abritent des boutiques de souvenirs et de produits artisanaux (tissage, broderie, poterie, cuivre, etc.).

    <center> <gallery> Trulli_2005.jpg|Deux _trulli_ contigus (Alberobello) Normal_house_or_trullo%3F_(6145236754).jpg|_Trullo_ à la façade rehaussée cachant les deux cônes de toiture (Alberobello) Cime_trulli.JPG|Pinacles sculptés au sommet de cônes de toiture (Alberobello) Trullo_roof_(6144685861).jpg|Entrée d'un _trullo_ (Alberobello) </gallery> </center>

    ** Bibliographie

    [documents utilisés comme source pour la rédaction de cet article] :

    - [titre=Far from the Church Bells] - [fr] François Lenormant, Les truddwi et les specchie de la Terre d'Otrante , in _Revue d'ethnographie_ , t. V, 1882, [22] - [langue=fr ] . - [it] Giuseppe Notarnicola, _I trulli di Alberobello dalla preistoria al presente_ , Unione Editoriale d'Italia, Roma, 1940. - [titre=Stone Shelters] [troisième impression 1974.] - [fr] Christan Lassure, Bibliographie de l'architecture en pierre sèche de l'Italie, in _L'architecture rurale_ , t. III, 1979, [199-202] - [fr] _L'architecture de pierre sèche_ (see http://www.pierreseche.com/index.html) . - [fr] _L'architecture vernaculaire_ (see http://www.pierreseche.com/sommaire_architecture_vernaculaire.html) . - [it] Carla Speciale Giorgi, Paolo Speciale, _La Cultura del Trullo - Antologia di scritti letterari e scientifici sui trulli_ , Schena Editore, 1989 [8875143188] - [it] Angelo Ambrosi, L'architettura in pietra a secco: costruzione, progetto, tipologie (con riferimento alla Puglia), in _Atti del I Seminario Internazionale Architettura in pietra a secco_ (Noci-Alberobello, 27-30 settembre 1987), Fasano, 1990, [17-84] - [it] Enrico Degano, La campagna dei rilievi dei manufatti in pietra a secco della Puglia, in _Atti del I Seminario Internazionale Architettura in pietra a secco_ (Noci-Alberobello, 27-30 settembre 1987), Fasano, 1990, [375-446] - [it] Giuseppe Radicchio, Il villaggio dei trulli, in _Atti del I Seminario Internazionale Architettura in pietra a secco_ (Noci-Alberobello, 27-30 settembre 1987), Fasano, 1990, [495-509] - [it] Carlo A. Zaccaria, La costruzione in pietra a secco nella masseria pugliese, in _Atti del I Seminario Internazionale Architettura in pietra a secco_ (Noci-Alberobello, 27-30 settembre 1987), Fasano, 1990, [511-531] , 1992 - [it] Domenico Tamborrino, Costruzioni in pietra a secco: I trulli della Murgia pugliese.. Etimologi del Vocabolo e ipotesi sulle origine, in '' La pedra en sec. Obra, paisatge i patrimoni {"content": "''", "type": "DELIM", "wikinode": "WikiDelimNode"} , IV congrès internacional de construccio de pedra en sec, Mallorca, del 28 al 30 de setembre de 1994, Consell Insular de Mallorca, FODESMA, Mallorca, 1997, [177-192] - [langue=it ] .

    ** Notes et références

    *** Notes

    [group=alpha]

    *** Références

    [Références]

    ** Voir aussi

    - [Category:Trulli] [Palette Cabanes en pierre sèche] [architecture]

    Catégorie:Architecture en Italie Catégorie:Patrimoine en Italie Catégorie:Patrimoine du XIXe siècle Catégorie:Architecture dans les Pouilles Catégorie:Architecture rurale